Le plasma, un don mal connu et pourtant indispensable.
A quoi sert le plasma ?
Le plasma permet de soigner et de sauver plus de 500 000 personnes par an. Mais les besoins de ce composant sanguin augmentent fortement chaque année. Les donneurs de sang et de plasma ont donc un rôle "vital" à jouer.
Indispensable et irremplaçable, le plasma est particulièrement riche en protéines. Lesquelles sont « vitales pour des milliers de personnes grâce à leurs propriétés uniques et différentes », indique le Professeur Alain Fischer, chef du service d'hématologie-immunologie pédiatrique du CHU Necker-Université Paris-Descartes.
Le Plasma : pour deux types de transfusion
1/ La transfusion « thérapeutique ». Après un don de plasma, le plasma est préparé et qualifié par l’EFS dans des conditions optimales de sécurité, puis il est directement transfusé au malade.
Les règles de compatibilités transfusionnelles pour le plasma (Qui peut donner à qui ?)

2/ La transfusion de médicaments dérivés du plasma. Le plasma, issu des dons de sang et de dons de plasma, est collecté par l'EFS qui le fournit ensuite au Laboratoire français du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB). Ce laboratoire fabrique ces médicaments qui permettent de soigner chaque année plus de 500 000 personnes, en particulier les grands brûlés, les hémophiles, les personnes souffrant de troubles de la coagulation sanguine et les personnes atteintes de déficit immunitaire. « D'où l'importance fondamentale du don de plasma », insiste Sandrine Lefrançois, présidente de l'association Adaat Alpha 1 France. Une association qui œuvre au bénéfice des personnes atteintes d'une maladie génétique rare : le « déficit en Alpha-1 antitrypsine ». Les médicaments dérivés du plasma « redonnent une seconde vie aux malades ».
Quel médicament pour quelle maladie ?
L’albumine est un médicament indispensable, qui est largement utilisé dans la prise en charge des grands brulés, des malades en réanimation.
Les immunoglobulines constituent le traitement de fond des déficits immunitaires. Ce traitement est administré tout au long de la vie du patient, il apporte les anticorps nécessaires à la prévention des infections.
Les immunoglobulines sont aussi utilisées dans le traitement des maladies auto-immunes. Elles interviennent pour restaurer l’équilibre immunitaire grâce à leurs propriétés immuno-régulatrices.
Les facteurs de coagulation permettent le traitement de maladies hémorragiques comme l’hémophilie, la maladie de Willebrand et d’autres maladies plus rares de l’hémostase.
D’autres médicaments dérivés du plasma permettent de traiter des maladies rares liées à un déficit spécifique, tel que le déficit en Alpha-1 antitrypsine.
Des besoins en forte augmentation (500 000 malades comptent sur nous !)
Avec l’allongement de l’espérance de vie et les progrès de la médecine, les besoins en plasma augmentent fortement chaque année : les besoins en plasma thérapeutique connaissent une hausse régulière de 5% par an. Les besoins en médicaments dérivés du plasma augmentent, eux, de 9 à 10% par an. Les donneurs de sang et de plasma ont donc un rôle vital à jouer !
Comment donner son plasma ?
Pour donner son plasma, deux possibilités :
1/ Faire un don de sang (total). A l’issue du don, le plasma est recueilli, après une séparation des différents composants (globules rouges, plasma, plaquettes) par centrifugation.
2/ Faire un don de plasma (en aphérèse). Il s’effectue sur rendez-vous et dure entre 45 et 60 minutes. De votre arrivée à la collecte à votre départ, prévoyez environ 1h30. Ce don permet de recueillir une quantité plus importante de plasma.
En France, le don de sang et le don de plasma sont des actes bénévoles. Le don éthique garantit le libre consentement du donneur. Pas de rémunération du don de plasma : ce qui permet d'éviter toute éventuelle dissimulation ou désinformation des donneurs sur leur état de santé. Le don éthique favorise ainsi une plus grande sécurité pour le receveur.
Combien de fois peut-on donner son plasma ?
On peut donner son plasma jusqu’à 24 fois par an avec un intervalle de 2 semaines entre 2 dons.
Contactez-nous, nous comptons sur vous !
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"Les protéines plasmatiques sont vitales"
Le professeur Alain Fischer est chef du service d’hématologie-immunologie pédiatrique du CHU Necker-Université Paris-Descartes*. Il nous explique pourquoi les protéines issues du plasma permettent de maintenir en vie des milliers de malades.
Pourquoi les malades ont-ils besoin de plasma pour vivre ?
D’abord, le plasma est un liquide particulièrement riche en protéines. Ces protéines sont vitales pour des milliers de personnes parce que leurs propriétés sont à la fois uniques et différentes. L’albumine, par exemple, est la protéine la plus abondante. Spécifiquement utilisée pour restaurer et maintenir le volume sanguin du malade, l’albumine se révèle donc indispensable pour compenser des fuites protéiques massives chez les grands brûlés.
Mais le plasma contient beaucoup d’autres protéines…
Absolument, et parmi elles, il y a notamment les protéines de la coagulation, celles du complément et les immunoglobulines, dont l’apport thérapeutique est considérable. Cet apport a d’ailleurs été rendu possible grâce aux techniques de fractionnement nées aux Etats-Unis. Lesquelles permettent effectivement d’isoler et de purifier les différentes protéines plasmatiques, en vue de les transformer en médicaments servant à traiter les déficits immunitaires, les maladies auto-immunes, des déficits en facteurs de coagulation, des maladies rares ou encore des situations d’urgence.
Quel rôle joue le plasma fractionné dans le traitement des déficits immunitaires ?
Un rôle vital ! Initialement, les immunoglobulines sont fabriquées par un groupe de globules blancs, les lymphocytes B. Leur rôle est d’aider l’organisme à lutter contre les infections. En médecine, on utilise donc les immunoglobulines G ou lgG, qui reconnaissent les antigènes des virus ou des bactéries sur lesquels elles se fixent pour les détruire. Il existe de multiples maladies caractérisées par un déficit héréditaire du système immunitaire qui est incapable de produire ces immunoglobulines G ou lgG. Autrefois, ces malades mourraient à l’âge de 20 ou 30 ans, les poumons détruits par des infections à répétition.
Aujourd’hui, ces mêmes malades sont « maintenus en vie »…
Disons qu’ils ont maintenant l’espoir de vivre normalement, grâce à un diagnostic précoce de leur déficit immunitaire et grâce aux immunoglobulines fractionnées qui leur sont injectées. Comme il n’est pas possible de fabriquer d’immunoglobulines G ou lgG artificielles, des milliers de malades dépendent donc totalement des donneurs, puisqu’ils doivent recevoir, chaque mois, tout au long de leur vie, une ou plusieurs injections intraveineuses ou sous-cutanées d’immunoglobulines lgG plasmatiques. De fait, le don de sang et de plasma est directement au cœur de leur vie.
* Le Pr Alain Fischer est également directeur de l’unité de recherche Inserm U768, membre de l’Académie des Sciences, ancien membre du Comité consultatif national d’éthique.





